Dimensionner une installation photovoltaïque ne consiste pas à remplir toute la toiture avec des panneaux. Le bon dimensionnement relie la production possible, les consommations du bâtiment et l’objectif du projet.
1. Partir de la consommation
Rassemblez au minimum une année de consommations électriques si elle est disponible. Regardez le total annuel, mais aussi la répartition dans la journée : une installation destinée à l’autoconsommation est plus pertinente lorsque les usages coïncident avec les heures de production solaire.
Identifiez également les usages futurs : véhicule électrique, pompe à chaleur, climatisation, batterie ou extension du bâtiment peuvent modifier fortement le profil de consommation.
2. Étudier la surface réellement exploitable
La surface brute de toiture n’est pas la surface utile. Il faut retirer les zones incompatibles avec les règles de pose, les accès nécessaires, les obstacles, cheminées, fenêtres de toit, équipements techniques et zones d’ombre.
La structure et l’état de la toiture doivent aussi être compatibles avec le système de fixation prévu.
3. Observer orientation, inclinaison et ombrages
Une orientation sud favorise généralement la production annuelle, mais une configuration est-ouest peut aussi être intéressante pour étaler la production sur la journée. L’analyse doit donc être liée à l’objectif du projet et au profil de consommation.
Les ombrages dus aux arbres, bâtiments voisins, reliefs ou équipements de toiture peuvent réduire la production. Ils doivent être étudiés avant de valider le calepinage.
4. Choisir l’objectif énergétique
- Réduire les achats d’électricité par autoconsommation.
- Valoriser une partie ou la totalité de la production injectée.
- Préparer l’ajout d’une batterie.
- Alimenter de nouveaux usages électriques.
Le dimensionnement dépend de cet objectif. Une puissance plus élevée ne signifie pas automatiquement un meilleur projet.
5. Estimer la production avec des hypothèses locales
Le productible dépend du territoire, de l’orientation, de l’inclinaison, des ombrages et des pertes du système. Utilisez une estimation basée sur le site réel plutôt qu’une valeur nationale unique.
6. Vérifier la compatibilité électrique
Avant le choix final, il faut vérifier le réseau électrique du bâtiment, le tableau, les protections, le raccordement, le choix de l’onduleur et les conditions de mise en service. Une batterie ou une borne de recharge peut également modifier les choix de conception.
7. Préparer les démarches
Selon le projet et son implantation, des démarches d’urbanisme, de raccordement et de conformité peuvent être nécessaires. Il est préférable de les identifier avant de figer l’étude.
Questions à poser avant de signer
- Quelle consommation et quel profil horaire ont été utilisés ?
- Quel productible local a été retenu et avec quelles pertes ?
- Quels ombrages ont été pris en compte ?
- Pourquoi cette puissance a-t-elle été choisie ?
- Quel taux d’autoconsommation est estimé et avec quelles hypothèses ?
- Comment le projet peut-il évoluer si mes usages changent ?
À retenir : un bon dimensionnement met en relation la toiture, la consommation, le site, l’électricité existante et la stratégie énergétique du client.
